Campagnes de propagation en cours

Fin 2020, 3 gros projets sont toujours en cours. Il n’y a eu de nouveau gros projets, dû à la crise mondiale du COVID 19. Les plus importants (Maya Bay, Perhentian, Tioman et Myanmar) ont pu tout de même propager plus de gênes 60 000 de coraux. Des micros projets ont continué de fonctionner en Indonésie et aux Philippines.

En Malaisie

Tioman Lovers, outre la formation de propagateurs de coraux, est directement impliqué dans la restauration et la réhabilitation de récifs coralliens à Pulau Tioman en Malaisie. Nous avons été désignés pour les plages d’Ayer Batang et de Tekek.

C’est à Tioman que nous formons la nouvelle génération de restaurateurs de récifs.

Ocean Quest® est impliqué dans de nombreux autres projets sur les iles de : Perhentian, Kapas, Redang et Tengol. Plusieurs milliers de boutures ont été replantées par les populations locales.

En Thaïlande : Maya Bay

Ocean Quest est devant un immense défi : restaurer les récifs d’un îlot de Kho Phi Phi nommé Maya Bay. C’est ici qu’à été tourné le film « La Plage » avec L. Di Caprio et V. Demouy. Le succès du film a été particulièrement destructeur pour cette baie magnifique. Des milliers de touristes, amenés par des opérateurs peu scrupuleux ont détruit 90% du récif. Les poissons et autres habitants avaient quasiment disparu.

En 2018, Ocean Quest a obtenu le contrat de réhabilitation. Il a d’abord fallu fermer le lieu au tourisme (pour une période d’au moins 2 ans). Des dizaines de nurseries, soit des milliers de coraux, ont été créées. Il faudra attendre plusieurs années avant de retrouver les récifs tels qu’ils étaient, mais déjà, les requins de récif, les poissons perroquets et les invertébrés sont de retour.

Durant la pandémie, ce sont plus de 40 000 boutures mises en nurserie.

Myanmar (Birmanie)

Une étude générale, à la demande du gouvernement, est actuellement en cours dans l’archipel des Mergui. Les premières nurseries ont été mises en place à Awei Pila. Malheureusement, à la suite du coup d’état par l’armée Birmane, les opérations sont suspendues. Les nurseries vont se développer seules.

1er Projet, Pulau Tioman, Malaisie

Temps de lecture : 3 minutes

SAS TIOMAN LOVERS, le spécialiste de la réhabilitation et de la propagation des récifs coralliens en milieu naturel, est un acteur majeur à Tioman Island, en Malaisie, pour la restauration des coraux.

Avec l’association OCEAN QUEST Global et les autorités en charge des parcs maritimes nationaux (Taman Laut), nous formons des communautés locales et des volontaires à la propagation du corail.

Notre connaissance des lieux nous a permis de progresser rapidement et de créer les premières nurseries.

Objectif : restaurer et protéger plusieurs hectares de récifs côtiers endommagés par l’activité touristique.

Au 4ème trimestre 2019, grâce au soutien de SEA SHEPHERD DIVE France, et de certains de leurs adhérents, nous avons pu développer nos premières nurseries de coraux.

Tout en formant des volontaires et les acteurs locaux (centres de plongée notamment), nous avons pu planter 30 m2 de coraux durs de différentes espèces. Il nous aura fallu 9 jours complets pour achever ces premiers pas.

Il y a désormais 3 nurseries de 10 m2 chacune, une à Panuba, qui alimentera les récifs Nords du village d’Ayer Batang, et deux à Tekek, elles combleront les vides laissés par les travaux de construction du port de plaisance.

Malheureusement, l’année 2020 ne nous a pas permis de continuer sur notre lancée.

En mars 2020, confinés à Tioman, nous n’avons pu que vérifier l’état de nos boutures : plus de 70% ont commencé leur lente expansion.

Les squelettes se sont reconstitués autour du point de bouturage et de nouveaux polypes sont apparus. Depuis, nos coraux se sont surement épanouis et grâce l’absence de tourisme, tout l’ensemble des récifs bénéficient d’une pause. Nous diligenterons une nouvelle étude complète sur l’impact d’une telle baisse de l’activité touristique.

La communauté de Tioman poursuit ses efforts de protection de l’environnement et de la propreté de l’île. Les plages sont débarrassées des déchets humains, les chemins sont entretenus et le système de recyclage fonctionne à plein pot.

Pour soutenir les communautés locales en restaurant l’une de leur principale source de revenus, pour le bien à l’environnement, nous voulons aller au bout de ce projet et attendons avec impatience la levée des restrictions.

En attendant, vous pouvez agir. Dès maintenant, découvrez notre protocole en nous suivant sur Facebook et Instagram. Participez au cours de formation théorique à la propagation du corail – SMART PROPAGATOR – auprès de SAS TIOMAN LOVERS.

Adoptez une ou plusieurs boutures, nous permettant de financer les formations et actions locales.

Nous tenons à remercier Julien, Lamya, Malorie, Grahame, Isabelle, Yvan, Catherine, Mary Ella, Cécile, Claude, Randy, Victoire, Pierre-Yves, Mawi, Ayman, Macha, Amin, Mamu et bien d’autres encore pour leur travail ou leur soutien.

Chaque action est importante, et vous nous avez permis d’avancer. Continuons à offrir un avenir à nos océans.

Récifs artificiels versus coral propagation

Temps de lecture : 4 minutes

Les images révélatrices sur les récifs artificiels.

Depuis de nombreuses années, des scientifiques, des associations et des volontaires font leur possible pour réhabiliter les récifs coralliens tropicaux.

Les recherches et les résultats différent considérablement d’une méthode à l’autre et bien que ce soient toutes le travail des meilleures volontés, il est important aujourd’hui d’en faire le bilan.

Il existe 2 types bien distincts d’approches à la réhabilitation : le récif artificiel et la restauration organique.

Le récif artificiel consiste à créer de toute pièce un nouveau récif, sur un support dont l’origine n’est pas naturelle. Des bétons spéciaux, des supports métalliques (épaves, grillages etc…) ou à base de dérivés plastiques (tubes PVC entre autres) sont les matériaux les plus utilisés. Certains de ces protocoles n’hésitent pas à se servir sur des récifs vivants et non abîmés, en y prélevant de larges morceaux, pour les accrocher à leurs structures. Il ne s’agit plus de restauration, mais de modification d’une zone sous-marine.

La restauration organique ou coral propagation est la deuxième option. C’est une approche très récente de réhabilitation. Il s’agit de restaurer un récif abimé avec les éléments sous-marins disponibles sur le lieu de la propagation. On ne peut refaire à l’identique un récif abimé, mais on maximise la probabilité d’une reprise de l’écosystème au lieu de sa replantation. Aucune structure n’est ajoutée, permettant aux jeunes plans de s’intégrer à leur place dans leur zone naturelle, sans maintenance. Le protocole n’altère pas le récif déjà existant, car aucun prélèvement direct n’y est fait. Les coraux ne proviennent que de fragments cassés ou de coraux malades.

Epaves et supports métalliques (récifs artificiels)

Il y a dans les mers et océans de grandes quantités d’épaves, et parmi elles, certaines sont accessibles aux plongeurs et se trouvent dans des zones ou les coraux prolifèrent rapidement. Depuis quelques années, de nombreuses organisations on réussit à en faire couler à des endroits stratégiques, joignant le bien environnemental et le développement touristique. Pratiquement toutes sont de beaux succès et tiennent leurs promesses.

Certaines expérimentations de nurseries sur des treilles métalliques sont déployées par des organisations pour faire pousser des coraux. Parfois, il y est ajouté des impulsions électriques, forçant l’osmose support-corail, dangereux pour les autres formes de vie indispensables à la santé du corail.

  • Qualités : Accommode pratiquement toutes les espèces de corail, excellents abris pour de nombreuses espèces de poissons. Succès avéré : 90%. Nul besoin de planter de coraux, ils se fixeront rapidement sur la coque. Les épaves sont très appréciées des plongeurs et sont une manne pour l’industrie du tourisme.

Certains essais sont pratiqués sur les treilles métalliques. Les morceaux de corail (seulement quelques espèces de coraux durs), fixés par des straps en nylon sur une sorte de grillage, sont placés à mi-profondeur. Le corail s’agrippe vite sur le métal et semble promis à un développement rapide.

  • Défauts : Immerger une épave demande une bonne préparation de dépollution et peut s’avérer très onéreuse. Les belles épaves disponibles sont rares. Malheureusement, le métal ne vit pas éternellement dans l’océan, et très vite, l’oxydation fait son œuvre. En quelques décennies le support disparait, même les plus solides comme les navires de la 2ème guerre mondiale. De nombreux métaux sont toxiques, affectant la qualité des poissons locaux.

Pour les structures des nurseries à corail en métal (treilles métalliques), le problème est simple et sans solution : comment réimplanter dans le milieu sauvage le corail, une fois celui-ci assez grand et le coller à un support nouveau ? Si l’on pose simplement la grille sur le fond, le corail s’effondrera au fur et à mesure de la dégradation par la rouille du métal. Et en mer, ça va vite !

Les supports en béton (récifs artificiels)

Le béton a semblé pendant très longtemps une excellente solution pour fabriquer des récifs artificiels. Mais très vite, un problème est apparu : le Ph du béton ne correspond en rien à celui exigé par les coraux. Après de longues recherches, des progrès ont été faits. Ces sociétés et organisations spécialisés vendent des structures de béton dont le Ph est quasiment parfait.

  • Qualité : possibilité de créer de grosses structures. Il y a eu de très nombreuses recherches sur les supports en béton, et de très nombreuses tentatives sont effectuées partout dans le monde. Avec plus ou moins de succès.
  • Défauts : faible nombre d’espèces accommodantes. Prix d’achat exorbitant, jusqu’à 25000 dollars la pièce chez les fournisseurs les plus prolifiques. Ensuite, il faut les mettre à l’eau, ce qui demande des équipements spéciaux. Certains font des efforts considérables pour ressembler à une base naturelle et s’intègre relativement bien, mais la plupart ne font pas naturelles et n’attirent pas le plongeur. Succès avérés : 30%.

Les nurseries sur PVC et autres supports plastiques (récifs artificiels)

Les projets les plus courants de réhabilitation du corail sont aussi les plus dramatiques. L’une d’elle particulièrement consistant à faire pousser des boutures sur ces supports en tube PVC. Le cout de mise en place semble minime, mais demande un entretien quasi quotidien et intenable sur le long terme pour supprimer les parasites. Il pose encore le problème évident de la réintroduction du corail développé en nurserie vers le milieu naturel : comment l’y coller ?

  • Qualité : on a eu beau chercher, nous ne voyons aucun point positif à cette technique.
  • Défauts : faible nombre d’espèces accommodantes (coraux durs à branches principalement). Le PVC est un produit dérivé de pétrole qui se dissout en nanoparticules dans le milieu marin et pollue de façon considérable les eaux (8 ans pour désintégrer un tube de PVC 30mm). Le cout de maintenance de ces nurseries est très élevé, puisqu’il faut fréquemment plonger dessus pour enlever les algues indésirables. A cause de ces couts, la plupart des projets finissent abandonnés, laissant des quantités non négligeables de PVC au milieu de récifs sains. Les coraux ne s’accrochent pas longtemps à ces structures puisqu’ils sont agressés par la composition du support. Jusqu’alors, aucun de ces projets n’a abouti. Succès avérés : 0%

Autres systèmes hybrides (récifs artificiels)

Certaines associations s’essaient à des méthodes dont les résultats sont plus ou moins mitigés. Notamment des bouteilles scellées dans des petits blocs de béton. Le corail (quelques espèces seulement, principalement des Acraporas) est attaché avec des strippes plastiques à la bouteille. Succès inférieur à 20%. Il y a également les projets avec des nurseries, essayant de nombreux protocoles, dans des bacs dédiés, dont l’intérêt et l’impact environnementale posent de nombreuses questions. Trop peu de rapports sont publiés pour crédibiliser ces options. Un problème revient toujours : comment réimplanter convenablement la bouture dans la nature, une fois que celle-ci a grandi.

Il y a aussi le bambou, et comme pour toutes les autres nurseries, le problème est celui du replantage après maturation du corail.

Certains ont osé les pneus. Les conséquences écologiques sont dramatiques, puisque les eaux sont polluées pendant des années par la désintégration lente du pneu. Une très mauvaise idée.

                Propagation et restauration organique

Dans les années 2000, un scientifique malaisien, Anuar Abdullah, a développé un protocole unique, organique et d’une efficacité extraordinaire. Après avoir essayé dès les années 1980 toutes les méthodes décrites plus haut, échec après échec, il a découvert que les coraux ne poussaient que sur de l’aragonite (squelette de corail inhabité) et le calcite (coquillages). Il a donc cherché, jour et nuit, plusieurs années, pour trouver la solution. Il en est ressorti un protocole innovant et simple dont le succès avéré est de 80%. Coller des fragments de coraux cassés sur ces fameuses roches vivantes que sont les blocs d’aragonite. Il a fallu trouver la bonne colle, créer le catalyseur, permettant à la colle d’adhérer instantanément et maximiser les chances de survies des quelques polypes. En réhabilitant des coraux dans le milieu sauvage sur des centaines de mètres carrés dans le Nord Est de la péninsule malaise, Anuar a prouvé que son protocole fonctionnait parfaitement. Depuis, de nombreuses choses se sont passées, avec la création de l’association OCEAN QUEST®, d’une méthode de formation et de certification des volontaires, de projets de grande ampleur dans d’autres pays, et surtout la reconnaissance et le soutien de Sea Shepherd Dive.

  • Qualités : Plus de 66 espèces peuvent être propagées. N’utilise aucun support fabriqué par l’homme. N’utilise aucun produit toxique pour l’environnement. Facilement assimilable par les volontaires, les populations locales et tout plongeur certifié. Faible coût. Efficacité à 80%.
  • Défauts : Ne s’applique qu’aux coraux tropicaux, à une profondeur maximum de 24 mètres. Ne peut se faire que s’il y a encore une activité corallienne suffisante et du support aragonite / calcite à disposition (sans avoir à prélever sur ce qui est en bonne santé).

SAS TIOMAN LOVERS est convaincue que le protocole d’OCEAN QUEST® est le meilleur que l’on puisse utiliser pour un projet de restauration de récifs coralliens sérieux, doté d’une vision à long terme, sans conséquence nuisible pour l’environnement. Ce protocole est plébiscité en Malaisie, en Thaïlande, aux Philippines, en Indonésie, au Mexique, en France, en Egypte, en Chine, aux Maldives, à Myanmar pour ceux qui hébergent actuellement des projets. Il nous permet de créer et réaliser des réhabilitations viables. Nous formons des populations locales et des volontaires, et grâce au sponsoring, restaurons cette ressource indispensable qu’est le corail.

Tioman Lovers invite ses plongeurs à respecter les règles suivantes : Sous l’eau, je ne laisse que des bulles, je ne prends que des photos, je ne touche que mon équipement. Je ne fume pas en mer et n’y jette rien. Je récolte les déchets trouvés.

TIOMAN LOVERS SAS – 13, rue Marcel Miquel – 92130 ISSY LES MOULINEAUX – FRANCE